Duggie amoureuse
           
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Joined: 8 March 2008

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Quels tremblements…. Sa chair ne cesse de vibrer sous mes mains… Je voudrais la rassurer, mais je ne sais moi-même quels mots utiliser … Elle semble si fragile, et moi, si impuissant. Les poils qui englobent tout son corps semblent s’hérisser ici et là, et le souffle chaud renvoyé de ses poumons se déverse contre mon torse rigide et suppliant. Mon t-shirt reste tout de même sec, car ses larmes semblent refuser de couler, comme si elle me suppliait de la protéger, sans pour autant accepter de s’ouvrir à moi dans une confiance aveugle. Elle n’a sans doute plus autant confiance en moi… Pour qu’ainsi, elle refuse de pleurer dans mes bras, c’est que maintenant, son subconscient est atteint bien au-delà de l’imaginable…
Et j’ai mal… j’ai mal pour elle…
-Chuuuut… hey ma belle… je n’aime pas ça te voir de même…
Lui prononçant ces paroles, je la fixai dans les yeux. Seulement, son regard refuse désormais de s’accrocher au mien. Le baissant au sol, elle le garde stagné vers la terre froide sous nos pieds. Que lui arrive-t-elle donc? Elle qui a toujours eu une force de caractère indestructible.
Je prends son menton dans ma main, puis presse mon nez froid contre le sien, si chaud de fièvre nouvelle... Et ses mains parcourent mon corps, le temps que je transperce sa bulle d’intimité à son maximum… Elle m’effleurait, comme si elle cherchait une arme que je porterais sur moi… Sans quoi, peut-être accepterais-t-elle de pleurer enfin…
-J’ai tellement eu peur… Il me coinçait entre lui… et le mur… et… -...Tabarnack…
Je sacre… oui je sacre… Pourtant, il est rare que je laisse échapper de mes lèvres des vulgarités, mais là s’en est trop pour moi… trop pour mon instinct de protection envers elle… Tout ce qu’elle a subi, tout ce qu’elle m’a décrit… Toutes ces scènes odieuses qu’elle m’a partagées, dévoilées contre la douleur de son coeur… Semble au-dessus de mes forces… Impossible à supporter… Et j’aimerais crier, hurler à pleins poumons… toute ma rage, ma colère, mon incompréhension...
Et si bien que je le savais avant même que cela se produise, qu’elle serait une victime de trop… Et quand je l’avais contacté au téléphone plus tôt… Sa voix…. Elle avait semblé si étrange… si distante envers mes faveurs et mes idées pour la journée… Mais son caractère de fer m’avait refusé toute information importante… Et à sa volonté, j’acceptai ses« non, non tout va bien… », comme s’ils étaient réels… Comme si ils étaient sincères…
Ce fut dans la voiture qu’elle s’ouvrit d’elle-même… Elle n’avait jamais eu l’habitude de me cacher quoique se soit, ce n’était pas son genre... Elle se sentait toujours oppressée de me cacher ne serait-ce qu’une demie-vérité... Et évidemment, elle ne le dit directement, mais elle se sentait sale… Si sale… Sale et souillée… Recouvert d’une fausse impression de m’avoir trompé pour un autre.
Quoi de plus normal, mais je ne lui en voulais pas pour l’histoire qu’elle me racontait… Elle s’était déplacée là-bas, uniquement par bonté d’âme, comme elle en avait si souvent eu le coeur auparavant… Elle n’avait cherché en lui qu’un ami, et lui en abusa tant, qu’il ne sut contenir sans doute davantage ses envies… Je le savais trop bien que ceci se déroulerait ainsi… Un homme reste un homme… Je le sais bien, j’en suis un, et peu importe le cerveau qui contrôle l’organe… Oui, la perversion nous habite tous…
-Tu aurais du m’appeler… - Oublie ça, je n’en étais pas capable… je n’étais pas capable…
Un soupir de découragement, non pas envers elle, mais envers le monde entier, trouva la sortie à mes lèvres…
-Il était pourtant correct en public, le jour… -Je le savais qu’il tenterait de quoi… Une fois qu’un homme t’as avoué être amoureux de toi….
Je ne voulais nullement dire ceci avec des reproches, et que Dieu me pardonne si elle entendit mes paroles ainsi… Et au travers de mes « tabarnacks » que je divulguais dans une infinie tristesse pour celle que j’aime…
Je frappai alors le volant de ma main, et me voir ainsi autant furieux pour n’avoir su la protéger la fit rire malgré moi… Elle cessa alors de jouer avec la boutonnière de ses pantalons, et releva ses beaux yeux sur moi, alors que depuis l’annonce de l‘affront, elle n’avait cessé de regarder le dash du char…
-… Au moins, tu pourras toujours te dire que ta blonde pogne avec d’autres gars…
Elle avait dit ceci, je le sais bien pourtant, pour me dépomper, pour détendre l’atmosphère, mais pour moi, cette phrase était tout ce qu’il fallait pour me faire submerger davantage de mon noyau noir assoiffé de vengeance… Un homme avait osé la toucher…. Un imbécile avec osé poser ses mains sur le corps de la seule femme qui avait su m’ouvrir les yeux sur ce que je ne voulais pas voir autrefois de la vie... L’amour pour commencer.
-C’est supposé être un prix de consolation?!
Pauvre elle, ma voix s’était élevée contre elle… Et elle rebaissa son regard très loin devant elle, vers le sol humide de la voiture… Et ainsi, la culpabilité m’envahit tant et tant … Elle aurait eu besoin de bien d’autres paroles, mais non, pas de celle-ci… pas ainsi du moins… De cette petite phrase teintée d’humour, elle pensait sans doute se revaloriser à mes yeux… Oublier qu’elle avait été salie contre son gré dans le lit d’un autre…
Et moi… Je lui criai en une seule bête question que son corps et son charme ne devraient, en aucun cas, attiser les regards des autres hommes… En d’autres mots, qu’elle était mienne… De quoi lui redonner la chair de poule, et lui redonner une impression d’être prisonnière de la chair d’un truand.
-En tout cas, je suis fier de toi…
Et alors, elle sourit… Mais fière d’elle pour qu’elle raison, donc? Pour tout. Pour ne pas avoir cédé à la panique, pour ne pas avoir perdu son sang froid présentement… et pour m’avoir révélé tout haut ce qui la blessait tout bas… son amour, son vrai amour, venait du fait qu’elle soit assez forte pour tout me dire sans peur… sans peur que je la juge… Une confiance émanée d’une jeune femme bouleversée…
Mais les mots « je t’aime » ne savaient sortir de ma bouche pour la rassurer davantage… C’était trop difficile pour moi. À cause de mon père, les mots « je t’aime » n’avaient jamais fait parti de ma vie…. Et comme elle voyait que je ne pouvais m’exprimer correctement sur mes sentiments envers elle, balbutiant dans ma tête les reproches les plus immondes, elle ressortit de son humour secret…
-En tout cas, t’es mieux de pas le croiser sur le trottoir, han? avait-elle dit, rempli de sous-entendu de bagarres en sa faveur…
De quoi la fait sourire…
-Criss, non…
Et ce sacre résonne encore présentement dans ma mémoire…Dans mon lit, où je dors seul ce soir, ma belle étant ailleurs, avec des amies… Des vraies cette fois… Et moi, je me retourne sur mon matelas, grommelant que ce fut par ma faute qu’elle replongea ce soir-là dans une profonde tristesse, contre mon corps…
-Tu dois être bien là, dans mes bras, après la fin de semaine que t’a vécu avec l’autre…
Et ce fut ceci qui fit réapparaitre ses tremblements; les mêmes qu’elle du avoir vécue avec l’homme… puis sa chair s’était mit à vibrer sous mes mains…
...
Et chaque nuit, son corps frissonnant tout le long du mien me hante, de telle façon que maintenant, c’est moi qui ressent l’impression d’avoir été agressé contre mon gré…
FIN
This post has been edited by Capitaine on 2 November 2009, 20:55
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